Après trois « plans d’aide » et huit ans de sacrifices, la Grèce, nous dit-on, sort enfin du purgatoire. Mais ce n’est pas ce que montrent les statistiques…
La Grèce, nous dit-on, a renoué avec la croissance. En 2017, le PIB a progressé de 1,4% en volume ; et la croissance devrait s’accélérer cette année (1,9%) et la suivante (2,3%), selon les dernières prévisions de la Commission européenne. Une hirondelle, cependant, ne fait pas le printemps.
La Grèce a salué vendredi un accord «historique» de la zone euro clôturant huit années de crise, assurant que le pays «tourne une page» avec une dette dorénavant «viable». «La Grèce tourne une page, sa dette est à présent viable», a déclaré le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos.
«C’est une décision historique», a-t-il dit à la télévision publique TV ERT. «Je pense que le peuple grec peut sourire, peut respirer à nouveau». Des médias et des analystes tempéraient toutefois l’optimisme en faisant observer que le respect des obligations budgétaires prévues nécessitera d’appliquer une discipline de fer. Le pays restera soumis à une surveillance renforcée de ses créanciers.
«Ce serait une erreur terrible de cultiver l’illusion que la fin des programmes d’aide signifie un retour à la normale», estimait le quotidien d’opposition Ta Nea. «Ce qui suit est une surveillance serrée qu’aucun autre pays n’a expérimentée» après de tels programmes.
Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus tôt vendredi, après plus de six heures de réunion à Luxembourg, sur les modalités de sortie de la Grèce des programmes d’aide dont elle bénéficie depuis huit ans ainsi que sur des mesures d’allégement de sa dette.
L’accord vise à permettre à la Grèce de quitter, comme prévu, la tutelle de ses créanciers – zone euro et Fonds monétaire international (FMI) – le 20 août afin de recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession et trois programmes d’aide. Il comprend un dernier allégement important de la dette, pour l’aider à assurer sa crédibilité sur les marchés financiers.